Lundi 7 février 2011 1 07 /02 /Fév /2011 22:25

(Et la où il y a de la gêne, il n’ y a pas de plaisir).

 

Le Ministère de l’Agriculture, en début d’année, a rendu public un rapport sur les prix et les marges dans la filière de la viande bovine.

 

A l’étal, le prix du kilo de bœuf, en moyenne, a augmenté de 24% en 10 ans !

 

Sur la même période, le prix de la viande sur pied, lui, est resté à 2,70 € !

 

Le Ministre de l’Agriculture s’en est ému : «  Il y a clairement des perdants, qui sont les producteurs de viande bovine ». C’est éminemment vrai ! Mais, les consommateurs, eux, ne sont-ils pas perdants également ?

 

En attendant, le prix moyen du kilo est de 2,70 € sur pied, de 3,77 €, à la sortie de l’abattoir pour atteindre, en moyenne 15 € le kilo sur l’étal du boucher. C’est peut-être sur le secteur des intermédiaires qu’il faudrait enfin se pencher ? Un dossier souvent évoqué depuis des dizaines d’années mais jamais abordé.  

Par Gérald Fromager
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Lundi 7 février 2011 1 07 /02 /Fév /2011 22:21

Il est de bon ton de critiquer le haut niveau d’impôts sur les sociétés en France, présenté comme un obstacle à la concurrence, bien évidemment !

 

On se demande alors pourquoi, notre pays attire encore des installations de groupes étrangers dans de telles conditions fiscales ! C’est qu’il convient d’y regarder de plus près :

 

CHAMPION D’EUROPE DU DUMPING FISCAL : L’Irlande avec un taux d’imposition sur les sociétés de 12,5 %. REMARQUE : Cela n’empêche pas ce pays (présenté, il y a quelques années encore,  par le patronat et les libéraux – économiques - de tous poils, comme « le tigre celtique ») d’être au bord du gouffre.

 

LA MOYENNE FISCALE DANS LA ZÔNE EURO : 25,7 %, plus du double de l’Irlande.

 

France : AFFICHAGE DE L’IMPÔT SUR LES SOCIETES : 34,4 % (le plus élevé de la zone Euro), presque le triple du taux irlandais ! Hou ! La ! La ! Les libéraux (économiques) n’ont-ils pas raison de critiquer un tel taux affiché ?  MAIS LE TAUX REEL, LUI, DE COMBIEN EST-IL ?

 

IL EST DE 23 % EN MOYENNE – donc inférieur à la moyenne de la zone Euro.

 

Et cela, les libéraux  (économiques) ne vous le disent pas !  

Par Gérald Fromager
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Lundi 7 février 2011 1 07 /02 /Fév /2011 22:06

Il y a eu, chez ORANGE, cette terrible série de suicides. Il y a eu, chez ORANGE, ces propos scandaleux d’un PDG qui – à ce sujet – parlait de « mode de suicides ». Fusible trop évident, le PDG en question a sauté, une enquête a été ouverte, des rapports ont été rendus, des jugements le seront … les morts, eux, ne reviendront pas !

 

Dans le même temps, les actionnaires, pour leur part, étaient choyés. En 2010, France TELECOM a distribué les dividendes de 2009 : 3,7 milliards d’Euros. Soit un rendement de 9% (c’est mieux que le livret A …).

 

Plus surprenant est le rapport entre le montant des dividendes distribués (les 3,7 milliards d’euros) et le bénéfice réalisé par France Télécoms … Les dividendes représentant 125 % du montant total des bénéfices réalisés.

 

Donc, France TELECOM puise sur sa trésorerie pour rémunérer ses actionnaires en plus de leur reverser la totalité des bénéfices. Dans ces conditions, tout effort d’investissement sera également pris sur la trésorerie propre du groupe ! Bref ! On vide les caisses pour choyer ses actionnaires !

 

Chez ORANGE, tout le monde n’y meurt pas … certains (mais ce ne sont pas les salariés) en vivent très bien !  

Par Gérald Fromager
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Vendredi 26 mars 2010 5 26 /03 /Mars /2010 15:22

A PROPOS DU TRAVAIL, LE DIMANCHE (ET LES JOURS FERIES)

Xavier BERTRAND - Secrétaire général de l’UMP – a dit :  

Le repos dominical est un principe fondamental de notre société et doit le rester. Notre objectif n’est pas de troubler les grands équilibres. Ce n’est pas à la loi de changer les mœurs. C’est en revanche à la loi de corriger les anomalies qui, en ignorant les évolutions de notre société, sont des ennemis de l’emploi. Ne pas les corriger reviendrait à menacer des entreprises de déposer leur bilan et des employés de perdre leur travail.

De nouvelles habitudes de vie et de consommation existent dans notre pays. Nous ne pouvons pas les ignorer : travailler le dimanche est déjà une réalité, 7,5 millions de Français dont 3,5 millions tous les dimanches. La loi doit accompagner cette évolution et laisser la liberté de choix de vie et de travail. Nous croyons que la défense des principes est compatible avec le pragmatisme, qui permet de prévoir des exceptions.

Il faut préserver le repos dominical tout en permettant à ceux qui veulent travailler le dimanche de le faire avec des garanties sociales et sociétales. Ces garanties sont solides. Le travail le dimanche doit reposer sur le volontariat, les salariés bénéficieront d’un doublement de salaire et d’un repos compensateur. Un employeur ne pourra refuser d’embaucher une personne qui refuse de travailler le dimanche. Nous sommes arrivés à un équilibre pour les salariés qui souhaitent travailler le dimanche et pour tous ceux qui ne le veulent pas. Notre principe, c’est le libre choix, avec des garanties.

 

Jean-Claude MAILLY - Secrétaire général de Force ouvrière, lui, dit : 

L’extension du travail le dimanche s’inscrit dans une logique de flexibilisation et de déréglementation du temps de travail. De fil en aiguille aucune période ne doit pouvoir être considérée comme non travaillée (dimanche, nuit, par exemple). On suit ainsi la même logique que celle de la dérégulation des marchés financiers qui est une des causes de la crise de système que nous traversons.

Les motifs invoqués (volontariat, réponse aux besoins, créations d’emploi) ne sont que des alibis de communication. Ils font fi des questions économiques et sociales et du soubassement idéologique selon lequel la libre concurrence serait par nature bénéfique. Ce qui détermine le volume de consommation c’est avant tout l’évolution du pouvoir d’achat, non les plages d’ouverture. D’un autre côté, toute tendance à la banalisation conduit à effacer le caractère dérogatoire et les suppléments salariaux correspondants.

Enfin, fondamentalement, l’extension du travail le dimanche s’inscrit dans une logique d’individualisation des comportements, par ailleurs décriée, voir redoutée. Avoir un jour dans la semaine où l’on peut avoir la certitude de voir qui l’on veut et faire ce que l’on veut n’est pas de la paresse mais tout simplement du savoir-vivre.

FAUT-IL COMMENTER ? EN RAJOUTER ? PEUT-ÊTRE A DESTINATION DE XAVIER BERTRAND POUR LUI DEMANDER CE QU’IL PENSE DES EMPLOYEURS QUI ONT D’ORES ET DEJA LICENCIE DES SALARIES « NON VOLONTAIRES » POUR TRAVAILLER LE DIMANCHE ET LES JOURS FERIES …

 

Par Gérald Fromager
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Jeudi 18 mars 2010 4 18 /03 /Mars /2010 13:14

Le leurre des heures : celles que l’on fait et qui ne sont pas payées !

 

Il est courant, désormais, d’évoquer les aspects de stress au travail et d’un des éléments qui en est une cause forte : le nombre d’heures de travail. Il y a celles que l’on peut compter et celles qui ne comptent pas !

Dans la seconde catégorie, il y a les salariés « au forfait ». Riche idée qu’a eu le patronat de créer une catégorie de salariés à qui il a faire croire que leur travail n’avait que peu de rapport avec le nombre d’heures pour le réaliser ! Pire, en leur donnant un « forfait ’heures », l’employeur leur explique qu’il s’agit là d’un avantage, d’une distinction, reposant sur la confiance mutuelle.

 

Dans la première catégorie, il y a tous ceux qui « pointent » ! Pardon ! On ne pointe plus maintenant, ON BADGE !

 

Problème pour l’employeur : Le nombre d’heures réelles apparaît informatiquement.

Problème pour le salarié : Ce n’est pas lui qui décide de faire des heures supplémentaires mais son patron qui décide pour lui. Ces heures là ne seront donc pas rémunérées, pas même en « heures normales », MAIS ! ELLES APPARAISSENT !

 

Une enquête récente (31/12/2009) rapporte que dans une grande entreprise, sur 500 personnes « badgeantes », 50% dépassaient de 6 heures par mois le temps de travail officiel et que 25% allaient au-delà de 20 heures par mois. Ces milliers d’heures cumulées, mois après mois, sont donc du TRAVAIL GRATUIT (« Travailler plus pour gagner la même chose !»...). En effet, elles ne sont pas payées, non récupérables : c’est cadeau pour le patron !

 

Alors les DRH ont inventé « l’écrêtage ». En clair, les « pointeuses-badgeuses » et autres gestionnaires informatisés du temps de travail sont programmées pour le nombre d ‘heures « autorisées » par l’employeur et les autres « disparaissent » miraculeusement. La présentation faite par ces mêmes DRH (pour le compte des employeurs, précisons-le) est « d’agir pour régulariser les pratiques ». Faire croire qu’elles luttent pour que les salariés ne s’auto-exploitent pas ! Tu parles ! En fait, c’est « cachez-moi ce surnombre d’heures de travail que je ne saurai voir » ! Les entreprises de service sont les plus coutumière du fait alors que tout le monde sait bien que le « phénomène » des ces horaires à rallonge provient du manque d’effectifs, du refus d’embaucher, de la non compensation des départs en retraite, de l’accroissement de la productivité.

 

Si les DRH sont mobilisées pour cacher ces heures de travail gratuit devenues coutumières du fait que les agents publics ou salariés du privé ne peuvent plus « tout faire dans le temps imparti » c’est que les employeurs sont légalement responsables des conséquences de  e surmenage permanent.

 

L’article L4121-1 du Code du Travail précise que :

« L’employeur prend les mesures nécessaires pour assurer la sécurité et protéger la santé physique et mentale des travailleurs.

Ces mesures comprennent :

1°) des actions de prévention des risques professionnels ;

2°) Des actions d’information et de formation ;

3°) la mise en place d’une organisation et de moyens adaptés.

L’employeur veille à l’adaptation de ces mesures pour tenir compte du changement des circonstances et tendre à l’amélioration des situations existantes ».

 

On est là bien loin de la seule technique informatique qui fait disparaître les « heures en trop » par écrêtage !

 

 

Note juridique :

 

        La dépression liée aux conditions de travail

Le stress est la cause de bien des maux dans le monde du travail. Ainsi, même le Ministre du

Travail, déclare placer le stress comme une problématique centrale dans l’entreprise. La loi, elle, impose à l’employeur de prendre les mesures nécessaires de prévention.

 

Jugement récent de la Cour de cassation :

Une salariée employée en tant que secrétaire depuis vingt ans subit une dégradation des conditions de travail à la suite d’une restructuration de l’entreprise. Elle fait grief à son employeur d’une réduction de ses responsabilités, d’une mise à l’écart, de malaise au sein de l’entreprise à la suite d’un entretien professionnel. Après un refus de formation puis de mutation au sein d’un autre établissement, elle se trouve en arrêt de travail « névrose traumatique avec retour en boucles, angoisse, insomnies réactionnelles » et est prise en charge en psychothérapie. Au terme des examens médicaux, les services de santé confirment le lien entre l’état de santé de la salariée et la dégradation de ses conditions de travail à la suite de la restructuration de son entreprise. La salariés est déclarée inapte par le Médecin du Travail, puis licenciée pour « impossibilité de reclassement ».

 

L’employeur est condamné car il a méconnu son obligation de sécurité de résultat puisque, malgré le fait que la salariée avait dénoncé la dégradation de ses conditions de travail et en conséquence de son état de santé, ce dernier n’avait pris aucune mesure afin de résoudre ces difficultés.

 

La Cour de cassation valide ce raisonnement. La salarié voit sa demande d’indemnisation accueillie, dès lors que « l’altération de la santé de la salariée résultait de la dégradation de ses conditions de travail et des pressions imposées par la restructuration de son entreprise », l’employeur « qui avait pourtant été alerté par plusieurs courriers de celle-ci », mais «n’avait pris aucune mesure pour résoudre les difficultés qu’elle avait exposées », avait manqué à l’obligation de sécurité de résultat qui lui incombe.

 

Cette jurisprudence permet de laisser un espoir à de nombreux salariés dépourvus de preuve quant à un éventuel harcèlement moral puisqu’ils pourront désormais demander une indemnisation en cas de manquement de l’employeur à son obligation de sécurité de résultat.

Cassation sociale -  17 février 2010 - n° 08-44.298 - Sté CDF  contre Charbonnier

Par Gérald Fromager
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